Quand 2 C.M. sans rapport apparent sont si proches

Maurice BERTHOMIEU | 14 janvier 2012

Qui aurait pu penser que la CM n° 945 Saint Bernard et la CM n° 2335 Château de Montségur avaient une étroite relation ?

Regardons de plus près :
Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (né en 1090 ou 1091 au château de Fontaine les Dijon, décédé le 20 Aoà»t 1153 àl’abbaye de Clairvaux) futur Saint Bernard, a joué un rôle déterminant dans la transposition de la croisade en « Â guerre sainte  » contre les Cathares.
En effet, en 1145, il accompagne le légat du pape pour prêcher contre l’hérésie qui sévissait en Languedoc. Il fut tellement exaspéré par le comportement de ces hérétiques qu’il écrivit : 
[violet]« Â On ne les convainc ni par le raisonnement (ils ne comprennent pas) ni par les autorités (ils ne les reçoivent pas) ni par la persuasion (car ils sont de mauvaise foi). Il semble qu’ils ne puissent être extirpés que par le glaive médiéval. Saisissez-les et ne vous arrêtez pas, jusqu’àce qu’ils périssent tous car ils ont prouvé qu’ils aimaient mieux mourir que se convertir  »[/violet]
Ces mots eurent une importance manifeste lors de la croisade des Albigeois et des massacres qui suivirent avec, en particulier, l’atroce bà»cher de Montségur.

Le château de Montségur (en Ariège) construit en 1206 est un château qualifié de cathare, un « Â castrum  ».
Le « Â castrum  », lui-même, comprenait la demeure fortifiée du seigneur (castellum ou castel, en occitan) et le village cathare entouré par une enceinte fortifiée.
Il abritait une communauté cathare importante. Il accueillait aussi les chevaliers « Â faydits  » [1]

Le siège du castrum  : Dans la 1ère moitié du XIIIe siècle, la forteresse subit 4 sièges dont le dernier fut déclenché par le massacre, en 1242, de quelques inquisiteurs par une soixantaine d’hommes issus de la garnison de Montségur. Le Sénéchal de Carcassonne et l’Archevêque de Narbonne furent chargés d’assiéger la forteresse par l’ordre de Blanche de Castille et Louis IX (Saint Louis). En Mai 1243, les croisés (6000 hommes) entourent Montségur. D’assaut en assaut, la forteresse s’affaiblit et le 1er Mars 1244, la reddition s’impose.

Reddition de la place forte : Le seigneur Pierre Roger de Mirepoix demande :
La vie sauve pour les soldats et les laïcs et pour les « Â parfaits  » qui renieront leur foi
Une trêve de 15 jours pour les cathares voulant se préparer àrecevoir leurs derniers sacrements
Le 16 Mars, la forteresse s’ouvre et tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi furent enfermés dans un enclos au pied de la montagne (dont la femme, la fille et la belle-mère du coseigneur) puis les croisés mirent le feu aux fagots qui étaient entassés. En tout, deux cent vingt hommes et femmes périrent dans le brasier de ce bà»cher.
Ce lieu fut appelé « Â Prat dels cremats  » (champ des brà»lés)

On voit ainsi que les paroles de Saint Bernard avaient été bien comprises et leurs conseils bien appliqués.

Il est fort triste de voir que des croyances religieuses différentes aient pu occasionner de tels débordements et de tels actes de barbarie.

Bibliographie :
« Débuts de l’aventure cathare en Languedoc »
« Le Languedoc cathare de 1190 à1210 »
« Le Languedoc cathare au temps de la croisade »

Elie GRIFFE, Professeur d’Histoire ecclésiastique àl’Institut catholique de Toulouse et édités par LETOUZEY et ANE Paris, respectivement en 1969, 1971 et 1973.

[1Dépossédés de leurs terres par un traité de 1229, parce que croyants cathares et donc coupables d’hérésie

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