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21 décembre 2008
Jean MOHY

La peinture française au XVIIe siècle

La Poste émet régulièrement, pour notre plus grand plaisir, des timbres représentant des œuvres d’art. Merci à Jean Mohy de nous faire revivre la peinture du XVIIe siècle. C’est une véritable visite de Musée !

I- ÉTAT DES LIEUX

Le XVIIe siècle est l’âge d’or de la culture française. La littérature, la peinture et l’architecture connaîtront, sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, un épanouissement sans précédent.
La peinture de la Renaissance avait été introduite en France au XVIe siècle, mais le marché de l’art se trouvait pratiquement anéanti par les Guerres de Religion.
En ce début du XVIIe siècle, la peinture française paraissait bien modeste, face au rayonnement artistique de l’Italie. Aussi de jeunes peintres ambitieux estimaient que le voyage à Rome était nécessaire pour parfaire leur formation. Quelques uns s’y installèrent définitivement ; d’autres rentrèrent en France et mirent en pratique ce qu’ils avaient appris pendant leur séjour en Italie.

CM1 : G . de La Tour : “Saint Thomas”, Ed. Mus. Nat., OPJ Vic Sur Seille (57).  -  voir en grand cette image
CM1 : G . de La Tour : “Saint Thomas”, Ed. Mus. Nat., OPJ Vic Sur Seille (57).

_ Déjà célèbre à Rome pour ses compositions, Simon Vouet (1590-1649) est rappelé à Paris en 1627 par Louis XIII. Nommé premier peintre du roi, il ouvre un atelier et donne un nouveau souffle à la peinture française. Et Paris deviendra l’une des capitales artistiques de l’Europe.

II - UN APPORT LORRAIN

La Lorraine a vu naître au XVIIe siècle, trois artistes de renommée mondiale : le graveur Jacques Callot et les peintres Georges de La Tour et Claude Lorrain.

[violet]Georges de La Tour (1593-1652)

violet]

Fils d’un boulanger, il est né à Vic-sur-Seille en Lorraine. Après un court séjour en Italie, il s’installe durablement à Lunéville.

CM2 : G. de La Tour : “Le Nouveau-Né”, Ed. Nomis, OPJ Rennes (35).  -  voir en grand cette image
CM2 : G. de La Tour : “Le Nouveau-Né”, Ed. Nomis, OPJ Rennes (35).

_ Malgré l’occupation du duché par les troupes françaises, il se rend à Paris où Louis XIII le nomme peintre ordinaire du roi.
Ses premières œuvres sont représentées dans la lumière du jour (CM1).
Il atteint le sommet de son art dans la peinture des scènes nocturnes qu’il réalise dans les dernières années de sa vie (CM2).
Après sa mort, son nom tomba dans l’oubli et il ne fut redécouvert qu’au début du XXe siècle.

CM3 : C. Lorrain : “L'embarquement de Sainte Paule”, Ed. Lescuyer, Obl. Fl. Nancy.  -  voir en grand cette image
CM3 : C. Lorrain : “L’embarquement de Sainte Paule”, Ed. Lescuyer, Obl. Fl. Nancy.

[violet]Claude Lorrain (1600-1682)[/violet]

Il est né à Champagne dans les Vosges. De son vrai nom Claude Gellée, il s’établit définitivement à Rome en 1626 et se fit une solide réputation de paysagiste.
À partir de l’observation de la nature et de la lumière, il crée des vues idéalisées dans lesquelles s’intègrent des personnages (CM3). Il a également peint des ports de mer,

CM4 : C. Lorrain : “Port de mer au soleil couchant”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.  -  voir en grand cette image
CM4 : C. Lorrain : “Port de mer au soleil couchant”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.

baignés dans la clarté d’un soleil couchant (CM4).

III - AU SERVICE DU ROI

Grands amateurs de tableaux, Louis XIII comme Louis XIV sont des mécènes qui tiennent à s’attacher les services des meilleurs artistes du moment.

[violet]Charles Le Brun (1619-1690)[/violet]

CM5 : C. Le Brun : “Étude de Femme à genoux”, Ed. Braun, OPJ Paris.  -  voir en grand cette image
CM5 : C. Le Brun : “Étude de Femme à genoux”, Ed. Braun, OPJ Paris.

Doué d’une grande puissance de travail et d’un talent exceptionnel, il se retrouve à vingt neuf ans à la tête de l’Académie de Peinture et de Sculpture. En 1662, il devient premier peintre du roi, puis directeur des Gobelins.
Autoritaire, il dirige tout et surveille tout ; les tapissiers travaillent d’après ses cartons, les sculpteurs d’après ses croquis.
Son œuvre est abondante et variée. Outre ses peintures et ses tapisseries, le Louvre conserve plus de trois mille de ses dessins (CM5).

[violet]Nicolas Poussin (1594-1665)[/violet]

CM6 :N. Poussin : “Autoportrait”, Ed. Imbert, OPJ Les Andelys (27).  -  voir en grand cette image
CM6 :N. Poussin : “Autoportrait”, Ed. Imbert, OPJ Les Andelys (27).

Il incarne le classicisme français (CM6). Ses toiles développent des sujets qui s’inspirent de l’Antiquité, de la Bible et de la Mythologie. C’est également un grand paysagiste.

CM7 : N. Poussin : “Moïse et les filles de Jethro”, Ed. Castelet, OPJ Les Andelys (27).  -  voir en grand cette image
CM7 : N. Poussin : “Moïse et les filles de Jethro”, Ed. Castelet, OPJ Les Andelys (27).

_ Sa carrière se déroule en Italie dès 1624. Nommé premier peintre du roi en 1640, il se rend à Paris mais, victime d’intrigues, il regagne Rome en 1642. Cependant, il restera en contact avec la France en travaillant pour les collectionneurs français et Louis XIV lui conservera son titre et ses honoraires de premier peintre.
Sa méthode de travail consistait à réaliser un lavis à l’encre rouge (CM7) pour effectuer ensuite le tableau à partir de cette esquisse.

[violet]Philippe de Champaigne (1602-1674)[/violet]

CM8 : P. de Champaigne : “Portrait de Richelieu”, Ed. Braun, OPJ Paris.  -  voir en grand cette image
CM8 : P. de Champaigne : “Portrait de Richelieu”, Ed. Braun, OPJ Paris.

Il quitte sa Flandre natale et arrive à Paris à l’âge de dix-neuf ans. En 1628, il est nommé peintre ordinaire de Marie de Médicis et continuera d’être apprécié par Louis XIII et Richelieu dont il fera les portraits (CM8).
Grâce à la protection et au patronage de la Cour, il reçoit de nombreuses commandes, notamment la décoration du Palais des Tuileries.
Devenu portraitiste de renom, il peignit avec maestria les plus grands hommes de son temps.
C’est également un grand peintre religieux dont les compositions expriment une foi austère, mais profonde, telle que l’enseignait le jansénisme pratiqué à l’abbaye de Port-Royal.

[violet]Les Frères Le Nain[/violet]

CM9 : Les frères Le Nain : “Famille de Paysans”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.  -  voir en grand cette image
CM9 : Les frères Le Nain : “Famille de Paysans”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.

Antoine, Louis et Mathieu sont nés à Laon au tout début du siècle. En 1629, ils s’installent à Paris, ouvrent un atelier et intègrent en 1648 la nouvelle Académie de peinture et de sculpture.
Ils commencèrent par peindre des sujet religieux et mythologiques, mais ils devront leur notoriété aux scènes qui évoquent le monde des paysans (CM9), toujours traité avec dignité, sans aucune sensiblerie (CM10).

CM10 : Les frères Le Nain : “Retour du baptême”, Ed. Nomis, OPJ Le Havre (76).  -  voir en grand cette image
CM10 : Les frères Le Nain : “Retour du baptême”, Ed. Nomis, OPJ Le Havre (76).

_ Toutes leurs toiles sont signées par leur nom de famille sans mentionner de prénom. _ De ce fait, il est difficile, voire impossible de savoir quelle part revient à l’un ou à l’autre.

IV - FIN D’UNE ÉPOQUE

À partir des années 1680, le programme de Versailles est pratiquement réalisé, et la dévotion de Louis XIV se substitue à l’intérêt qu’il portait aux œuvres d’art. Le nombre d’artistes pensionnés diminue et l’activité intellectuelle s’éloigne de la Cour.

[violet]Pierre Mignard (1612-1693)[/violet]

CM11 : P. Mignard : “Portrait de Molière”, Ed. Bulloz, Obl. ord. Paris.  -  voir en grand cette image
CM11 : P. Mignard : “Portrait de Molière”, Ed. Bulloz, Obl. ord. Paris.

Il débute dans l’atelier de Simon Vouet puis réside en Italie de 1635 à 1657. À son retour en France, il devint le rival de Le Brun.

CM12 : P. Mignard : “Vierge à la grappe”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.  -  voir en grand cette image
CM12 : P. Mignard : “Vierge à la grappe”, Ed. Mus. Nat., OPJ Paris.

_ Ses portraits (CM11) souvent flatteurs, étaient fort appréciés ainsi que ses petits tableaux appelés « Mignardises » comme « la Vierge à la grappe » (CM12). Il réalisa également des œuvres religieuses et de grandes décorations notamment la coupole du Val-de-Grâce.
À la mort de Le Brun, il lui succéda dans toutes ses fonctions avec le soutien de Louvois.

[violet]Nicolas Mignard (1606-1668)[/violet]

CM13 : N. Mignard : “L'Automne”, Ed. Croix-Rouge, OPJ Troyes (10).  -  voir en grand cette image
CM13 : N. Mignard : “L’Automne”, Ed. Croix-Rouge, OPJ Troyes (10).
CM14 : N. Mignard : “L'Été”, Ed. CEF, OPJ Avignon (84).  -  voir en grand cette image
CM14 : N. Mignard : “L’Été”, Ed. CEF, OPJ Avignon (84).

Comme son frère, il est né à Troyes. Après un court séjour à Rome, sa carrière se déroulera principalement en Avignon.
Ce n’est qu’en 1660 qu’il gagnera Paris et qu’il sera reçu à l’Académie. Ses compositions allégoriques (CM13) et ses portraits sont devenus rares (CM14). En revanche, ses tableaux religieux ont été conservés en grand nombre dans les églises d’Avignon et de sa région.

[violet]Hyacinthe Rigaud (1659-1743)[/violet]

CM15 : H. Rigaud :, “Bossuet”, Ed. Braun, OPJ Dijon (21).  -  voir en grand cette image
CM15 : H. Rigaud :, “Bossuet”, Ed. Braun, OPJ Dijon (21).

Après avoir accompli son apprentissage à Montpellier et à Lyon, il arrive à Paris en 1681. Trois ans plus tard, avec l’aide de Le Brun, il est agréé à l’Académie.

CM16 : H. Rigaud :, “Louis XIV”, Ed. ancienne, Obl. ord. St-Germain-en-Laye (95).  -  voir en grand cette image
CM16 : H. Rigaud :, “Louis XIV”, Ed. ancienne, Obl. ord. St-Germain-en-Laye (95).

Rapidement, il se fit une solide réputation et devint le portraitiste favori de la famille royale, de la haute noblesse et du clergé (CM15).
Son œuvre la plus célèbre reste le portrait monumental qu’il fit de Louis XIV (CM16).

Après la mort du roi (1715), les conditions de la vie à la Cour changent radicalement.
Un nouvel état d’esprit s’instaure en réaction à l’austérité classique. Le courant artistique qui se fait jour prône l’éclat de la couleur, le brillant et la fantaisie. Pour Le Brun, au contraire, la noblesse des attitudes et le soin du dessin constituaient des qualités primordiales. Avec le Grand Siècle, le temps du classicisme se termine.
Antoine Watteau (1684-1721) offre, avant 1715, l’essentiel de son œuvre qui apparaît déjà étrangère à l’époque de Louis XIV.

[/Jean MOHY (MF 2860)

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