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30 mars 2013
Christian BARRET

Comment déceler les fausses Cartes Maximum ?

Comme pour tous les objets de collection, il existe de fausses Cartes Maximum. Le problème c’est de savoir les déceler avant de les acheter ou de les échanger.

Bien sûr, il est tentant de dresser la liste des Cartes Maximum fausses. Cela a été fait, de la même façon il existe des ouvrages qui prétendent recenser tous les faux, d’un pays ou d’une émission.

Ces listes ne présentent guère d’intérêt et sont, le plus souvent la cause d’achats malheureux, toutes les falsifications ne peuvent être répertoriées, et depuis leur rédaction de nouvelles falsifications de nouveaux procédés apparaissent.

Le but de cette présentation est de rappeler les principes de précaution, en montrant des exemples et de donner ainsi quelques "clés" aux collectionneurs pour éviter de se faire tromper.

Je vous présente ces exemples choisis afin de vous inciter à la prudence, à réfléchir avant d’acheter, à vous documenter.

On peut trouver des informations sur une carte, un événement, on peut
chercher des renseignements sur un timbre : date d’émission etc., on peut chercher des oblitérations similaires ou identiques, apposées sur du courrier ordinaire.
Cela ne vous transformera pas en expert, mais vous aurez une attitude plus critique lors de vos achats et vous éviterez ainsi des désillusions ultérieures.

Une Carte Maximum est composée :

  • d’un timbre
  • d’une carte postale
  • d’une oblitération.
    Nous allons examiner successivement chacun de ces éléments.

La carte impossible

Lors de la cérémonie officielle d’ouverture, l’athlète français Géo André a prêté le Serment Olympique, au nom de tous les concurrents. Cette cérémonie a été médiatisée et de nombreuses cartes postales représentant la scène ont été éditées.

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Des cartes ont été revêtues des timbres commémoratifs émis pour cette occasion, et bien sûr oblitérés.

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Étudions la carte postale. Elle représente un événement précis. Le rapport officiel sur le déroulement des Jeux Olympiques est disponible... si l’on sait le rechercher.
Un tableau donne l’agenda complet de toutes les compétitions et la date de la
cérémonie d’ouverture : le 6 juillet 1924.

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Ce qui rend impossible l’oblitération du 23 mai !

Nul n’est besoin d’aller plus loin ; la carte ne pouvait exister à la date de l’oblitération, nous avons à faire à une falsification.

Le timbre impossible

Parmi les Cartes Maximum, celles avec un « Pont du Gard » sont très recherchées. L’oblitération de celle-ci est du 15 mai 1929, premier jour de mise en vente du timbre. Remoulins est une commune jouxtant le célèbre aqueduc.

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Le 20 Francs Pont du Gard a été imprimé d’abord en taille-douce à plat, en feuilles
de cinquante et mis en vente le 15 mai 1929. En 1931, ce même timbre est imprimé
en taille-douce rotative.

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Les deux modes d’impression sont différenciables assez facilement. Tout cela est connu de puis longtemps et repris dans les catalogues de timbres-poste.

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Les fausses oblitérations.

L’examen attentif du timbre avec une loupe montre qu’il s’agit d’une impression rotative de 1931… qui ne peut donc se trouver sur une carte oblitérée de mai 1929.

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Je ne résiste pas au plaisir de montrer cette carte. Le timbre – 10 francs La Rochelle – est oblitéré du 15 mai 1929 également. Malheureusement pour le faussaire, ce timbre n’a été émis que le 18 juillet 1929 !

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Le faussaire a cru que tous les timbres de la série avaient été mis en vente le même jour. La consultation d’un catalogue suffit pour mettre à jour la falsification.

C’est peut-être la partie la plus délicate. Il est parfois difficile de discerner une
oblitération fausse, surtout si l’on n’a pas de documentation fiable ou s’il s’agit d’une
oblitération étrangère.

Il faut savoir faire une recherche sérieuse et approfondie, et ne pas hésiter, si la carte en vaut la peine, à faire appel à un expert du pays concerné par l’oblitération.

En cas de doute, il est plus sage et plus prudent de s’abstenir.

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info document - JPEG - 76 ko Il faut examiner soigneusement l’oblitération : nul doute sur l’authenticité de la carte ni sur l’existence du timbre. Il apparaît, sous un grossissement normal, que les lettres ne sont pas régulières, les deux L de Moselle sont différents, ainsi que les deux E. Les deux R de Sarreguemines le sont également.

Les cachets à date ne sont pas fabriqués à la main et les lettres identiques doivent être semblables. Ce qui n’est pas le cas ici. On peut en conclure, sans risque d’erreur, que cette oblitération est fausse.

Il existe différents types de fausses oblitérations. Les faussaires ne manquent pas
d’imagination et les procédés actuels, scanner, logiciels de traitement d’images,
imprimantes sophistiqués leurs permettent de « produire » ou de reproduire toutes
sortes d’oblitérations.

Il n’est pas possible d’être exhaustifs en cette matière. Les exemples présentés n’ont
pour but que de vous mettre en garde. N’oubliez pas que le coût de réalisation d’un
faux est nettement inférieur à sa valeur marchande.

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info document - JPEG - 108 ko L’oblitération sur cette carte est fausse. C’est une fabrication classique, faite avec un cliché en zinc. Ce cliché est fixé sur un socle de bois par un clou, dont on voit la trace à gauche du 3 de 37. Ce type de falsification est connu depuis des lustres, il a été mis en évidence dans les publications du club « Le meilleur ».

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Cette fausse oblitération a été dessinée à partir d’un calque d’une oblitération authentique.

Le cas suivant est exceptionnel.

En effet la carte ci-dessous a été achetée sur un site Internet, puis revêtue d’un timbre, authentique et d’une oblitération fausse et offerte ainsi. Les flèches rouges montrent les taches identiques.

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info document - JPEG - 47.4 ko A gauche, un agrandissement de la fausse oblitération du bureau n° 2 de Stamboul, ci-dessous une oblitération authentique provenant d’une lettre commerciale. Il suffit de comparer pour déceler la falsification.

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Tous les objets de valeur sont susceptibles d’être falsifiés. Les objets de collection sont, après les marques de luxe, la cible préférée des faussaires, et ils courent moins de risque. Avec peu de matériel, un faussaire bien organisé peut tranquillement fabriquer et écouler sa production, a peu de frais sans jamais être inquiété.

C’est aux collectionneurs d’être prudent, de faire preuve de bon sens. S’il n’y avait pas d’acheteurs inconséquents, il n’y aurait pas de faussaires.

P.-S.

Cet article est un résumé de la conférence faite par Jean-François BRUN, expert, à l’occasion de la journée de formation des jurés régionaux et nationaux le 9 mars 2013.

Jean François BRUN est académicien

  • (3e) Titulaire du siège n° 35 depuis le 12 janvier 1975
  • (6e) Président du 2 mars 1996 au 2 février 2002
  • Président d’honneur depuis le 2 mars 2002
  • Signataire du " Roll of Distinguished Philatelists " en 1998.
  • Président du Club philatélique français (CPF).
  • Membre correspondant de l’Académie de philatélie de Belgique (octobre 2011).
     
  • Médaille de vermeil de la ville de Bruxelles (15 novembre 1980).
  • Prix philatélique belge (novembre 1980).
  • Médaille Hunziger (AIEP) association internationale de experts en philatélie

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