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5 octobre 2008
Bruno BOUVERET

2006 - Bloc "Les machines volantes"

À l’occasion du dernier salon d’automne, La Poste a inauguré une nouvelle collection intitulée "Le coin des collectionneurs" avec un bloc de six timbres imprimés en taille-douce "Les machines volantes". Toute l’équipe du Service des Nouveautés France s’est mobilisée pour pouvoir réaliser les cartes-maximum de ces drôles de machines qui ont fait rêver tant de monde ! Notre ami Bruno Bouveret, secrétaire général, spécialiste en la matière, nous fait découvrir ces engins à l’origine de la conquête de l’air.

Nous avons tous en nous un rêve, celui de voler, héritage d’Icare, ce personnage de la mythologie grecque qui, pour s’enfuir du Labyrinthe, bricole des ailes avec des plumes collées avec de la cire. Mais c’est avec Léonard de Vinci que la voie des airs a été ouverte en 1485. Grand initiateur, il s’est intéressé à toutes les branches de l’art et de la science, et notamment aux machines volantes comme en témoignent ses étonnants carnets de dessins dont certains illustrent le fond du bloc.

Dès la fin du XVIIIe siècle, d’étonnantes machines aux allures bricolées vont essayer de décoller. À l’époque, c’était vraiment une aventure que de vouloir faire voler ces engins rudimentaires qui ont souvent failli coûter la vie à leur pilote !
Embarquement immédiat pour un petit tour avec ces superbes machines qui, après un siècle d’aviation, sont tombées dans l’oubli.

[violet]Le Ballon à rames de Jean-Pierre Blanchard

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Fig. 1 - Le ballon à rames
Fig. 1 - Le ballon à rames

Blanchard, autodidacte français, s’est illustré dans la conquête de l’air en ballon. Après avoir travaillé à un vaisseau volant à la forme d’oiseau n’ayant pu décoller, et suivant l’exemple des frères Montgolfier, il construit un ballon gonflé à l’hydrogène muni d’une hélice et de rames en plumes mues à la force des bras. Le 2 mars 1784, une grande première vient de se dérouler à Paris sur le Champs de Mars : tout Paris assiste à l’ascension d’un aérostat habité. Poussé par le vent, le ballon réussira à franchir la Seine et reviendra se poser rue de Sèvres.

Le 7 janvier 1785, avec un ami, Blanchard traverse la Manche de Douvres à Calais en 2 heures et 25 minutes, à bord d’un ballon gonflé à l’hydrogène. Cela ne s’est pas passé sans peine. Ils ont bien failli sombrer dans la mer s’ils n’avaient pas tout passé par-dessus bord, sauf le courrier qu’ils transportaient. Et voilà comment est né le premier courrier postal aérien ! (Fig. 1)

[violet]La Barque ailée de Jean-Marie Le Bris[/violet]

Marin au long cours, il est très impressionné par le vol sans battement des albatros. Il décide d’occuper ses loisirs à la réalisation de son rêve : construire un engin volant. En décembre 1856, son projet prend forme. Son planeur, ayant la forme d’une barque ailée munie de deux ailes mobiles en toile et d’une queue, fait son apparition sur la plage de Tréfeuntec. D’abord tiré par un cheval, l’engin avec son pilote bondit en l’air, et réussit à s’élever d’une centaine de mètres.

Fig. 2 - La barque ailée
Fig. 2 - La barque ailée

À l’époque, c’était un véritable événement !

Une dizaine d’années plus tard, une seconde version plus élaborée de sa barque ailée verra le jour, mais se brisera lors de son lancement.

Le Bris a été le premier à réaliser le contrôle du vol en modifiant la portance des ailes. Et on comprend ainsi toute l’ingéniosité des mécanismes inventés par Le Bris, véritable pionnier de l’aviation. (Fig. 2)

[violet]L’Hélicoptère de Ponton d’Amécourt[/violet]

Fig. 3 - L'Hélicoptère
Fig. 3 - L’Hélicoptère

Le mot "hélicoptère" apparaît pour la première fois dans un brevet que dépose le vicomte Gustave de Ponton d’Amécourt en 1861. Ami de Félix Nadar et de Jules Verne, Ponton d’Amécourt est un précurseur un peu touche-à-tout. Il construit un petit modèle d’hélicoptère à moteur à vapeur muni de deux hélices horizontales coaxiales devant lui permettre d’effectuer ce que l’on appelle aujourd’hui le décollage vertical. Ce principe avait déjà été évoqué par Léonard de Vinci dans ses croquis quatre siècles auparavant. L’engin de Ponton d’Amécourt ne décollera jamais, mais il affirme que "le vol de l’hélicoptère sera possible demain". (Fig. 3)

[violet]L’avion III d’Ader[/violet]

Clément Ader, inventeur fécond et père de l’aviation moderne, a consacré une grande partie de sa vie à la réalisation d’un rêve d’enfant : le vol d’un plus lourd que l’air !

L’avion III d’Ader (l’Aquilon) est le troisième appareil d’une série qui comprend aussi l’Éole et le Zéphyr (Avion II). Ce bimoteur ressemblant plus à une chauve-souris qu’à un avion réussit à se soulever à une vingtaine de centimètres du sol sur près de 50 mètres en octobre 1890. En 1897, Ader tente d’améliorer sa machine, mais cela se solde par un échec : l’avion III effectue un vol de 300 mètres dans de très mauvaises conditions météorologiques et l’avion est endommagé à l’atterrissage. Cela va mettre fin à la carrière d’Ader, à qui l’on doit d’avoir inventé le terme d’"avion".

Le modèle original de l’avion III, cette étrange chauve-souris, est exposé au Musée des Arts et Métiers à Paris. (Fig. 4)

Fig. 4 - L'Avion III
Fig. 4 - L’Avion III

[violet]La Demoiselle de Santos-Dumont[/violet]

Débordant d’activité, Alberto Santos-Dumont fait surtout parler de lui par ses exploits et ses atterrissages forcés dans les jardins privés ! Mais fin 1907, il crée la Demoiselle, minuscule monoplan de toile et de bambou extrêmement léger dont le poids ne dépasse guère les 100 kilos, pilote inclus ! Il a tout de suite compris tout l’intérêt d’un avion léger et bon marché. Sa Demoiselle vole remarquablement : pour son coup d’essai, en 1907, à Issy-les-Moulineaux, il franchit 200 mètres à 6 mètres de haut, puis après quelques améliorations, il couvre une distance de 8 kilomètres en 5 minutes, en 1909.

La légèreté de l’appareil permet à Santos-Dumont de battre le record de décollage en s’élevant après avoir roulé sur une distance de 65 mètres seulement.

Fig. 5 - La Demoiselle
Fig. 5 - La Demoiselle

La Demoiselle est le précurseur de l’ULM, cet avion de tourisme très léger à la portée de l’amateur moyennement fortuné, qui connaît le succès que l’on sait ! (Fig. 5)

[violet]L’hydravion d’Henri Fabre[/violet]

C’est le 28 mars 1910, alors âgé de 27 ans, qu’Henri Fabre devient l’inventeur, constructeur et premier pilote d’un nouvel engin qu’il baptise "hydravion". Ce jour-là, sur l’étang de Berre, assis à califourchon sur la poutre supérieure, tel une sorcière chevauchant son balai, il fait voler cet assemblage hétéroclite de bois et de toile. Il vient du même coup de prendre son baptême de l’air ! On peut être admiratif !

Muni de trois flotteurs rectangulaires fixés sous la machine avec ailes à l’arrière et ailerons de commandes à l’avant, cette machine volante ressemble plutôt à un canard.
On peut découvrir cet engin bizarre au Musée de l’Air et de l’Espace. Cet étrange volatile qui semble venir tout droit du temps des dinosaures, est le premier hydravion au monde à avoir réussi son vol et son amerrissage. (Fig. 6)

Fig. 6 - L'Hydravion
Fig. 6 - L’Hydravion

Nous espérons que vous pourrez poursuivre ce rêve merveilleux en regardant les magnifiques cartes-maximum réalisées avec les six timbres du bloc consacré à ces machines volantes aux allures de bricolages mais grâce auxquelles les avions d’aujourd’hui ont pu voir le jour !

[/Bruno BOUVERET

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Bloc "Les Machines volantes"

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